This booklet
was meant as a real pedagogical tool with a view to expanding
the awareness and understanding of the public and decision-makers
at large about the problems of light weapons and small arms.
Starting with
the basic definition of small arms and light weapons, the publication
exposes the various facets of the issue (arms trade, illicit
trafficking, the subsequent armament of developing and industrialised
countries and its consequences...), the recent actions undertaken
at various levels aiming at a limitation and better control of
these weapons and finally, some reflections about how curbing
their proliferation (including the launching of an international
campaign). To order this publication, contact :
Marc Schmitz
rue Van Hoorde,33
B-1030 Brussels
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The following
is the Table of Contents and Introduction to the GRIP booklet.
Dossier pédagogique
sur les armes légères
Sommaire
1) Introduction (B. Adam)
2) Spécificité des armes légères
3) Les armes légères après la guerre froide
4) Les multiples facettes du problème des armes légères
a) Le commerce
des armes légères
b) Le trafic des armes légères
c) La détention d'armes légères par des civils
d) Tout est lié
5) Des initiatives
récentes concernant les armes légères
a) Dans
le cadre de l'Organisation des Nations Unies
b) Dans le cadre d'autres organisations internationales ou
régionales
c) Au niveau national
6) Des pistes
pour combattre la prolifération d'armes légères
a) Restreindre
les fournitures d'armes légères
b) Restreindre la demande en armes légères
7) Une campagne
internationale contre les armes légères
8) En guise de conclusion
Introduction
La prévention
des conflits nécessite la diminution des ventes et des stocks
d'armes légères
Depuis la
fin du monde bipolaire, un large désarmement nucléaire a été entamé.
Plus de la moitié des ogives atomiques ont été démantelées. La
menace d'un incendie généralisé a disparu. La sécurité internationale
a incontestablement été améliorée.
En revanche,
de nombreux conflits armés subsistent ou ont surgi principalement
dans l'hémisphère Sud mais également en Europe. La communauté internationale
a tenté d'atténuer cette flambée de violence en mettant sur pied
un nombre croissant d'opérations de maintien de la paix. Ainsi,
au milieu des années 90, près de 80.000 Casques bleus étaient
engagés dans une vingtaine d'opérations dans le monde. Mais les
drames vécus par les soldats de la paix et les médiateurs internationaux
en Somalie, au Rwanda et dans l'ex-Yougoslavie ont montré qu'il
est extrêmement difficile d'arrêter un conflit lorsqu'il a éclaté.
De plus, ces opérations sont très coûteuses sur les plans humain
et financier. Voilà pourquoi la prévention des conflits est de
plus en plus évoquée.
L'un des aspects
majeurs de cette prévention consiste à éviter la présence ou
l'afflux d'armements dans les régions à risque. Bien que les
armements ne sont pas la cause des conflits, ils permettent de
les déclencher (un différend se transforme en conflit armé),
les aggravent, et retardent leur résolution et le retour à une
situation pacifique.
Depuis la
fin de la Deuxième Guerre mondiale, 30 millions de personnes
sont mortes au cours de 300 conflits armés. On estime que 80 à 90%
de ces victimes ont été tuées par des armements légers. De plus,
90% des victimes sont des civils, dont une majorité de femmes
et d'enfants.

S'attaquer
aux causes profondes tout en limitant la prolifération Les armes
légères ont des caractéristiques bien particulières. Elles sont
bon marché (quelques dizaines de dollars dans certains pays).
Elles sont faciles à dissimuler, donc aisément transportables
d'un lieu de conflit à un autre. Elles ont une longue durée de
vie (plusieurs dizaines d'années). Elles peuvent occasionner
d'importants dégâts très rapidement. Elles sont d'un emploi simple,
y compris par les « enfants-soldats ». Enfin, elles sont de plus
en plus utilisées dans les conflits actuels qui n'opposent que
très rarement des Etats puisqu'il s'agit surtout de guerres civiles.
Certaines estimations indiquent qu'il y aurait jusqu'à 500 millions
d'armes légères dans le monde, soit une arme pour 12 habitants.
Les causes
profondes des conflits actuels et de l'utilisation des armements
légers sont souvent multiples. Dans un pays non démocratique,
par exemple, certains groupes politiques peuvent se sentir contraints
d'utiliser les armes pour accéder au pouvoir. Dans des régions
où règne l'insécurité, la population civile s'arme pour se protéger.
Ailleurs, ce sont des problèmes causés par la cohabitation entre
communautés ayant des différences ethniques ou religieuses qui
entraînent l'utilisation des armements. Enfin, les injustices
d'ordre économique et social (marginalisation de groupes parfois
importants, sous-développement, pauvreté,...) sont des détonateurs
puissants de conflits armés. La prévention des conflits doit
donc tenir compte de ces causes profondes.
Mais parallèlement
aux actions qui doivent s'attaquer aux origines des conflits,
il est nécessaire de lutter contre la prolifération des armements.
Sinon les efforts entrepris pour démocratiser un pays, assurer
une meilleure sécurité à la population, régler pacifiquement
les différends entre communautés ou réaliser un véritable développement économique
et social, tout cela risque d'être anéanti par l'action violente
de quelques irréductibles.
Ceci repose évidemment
sur un postulat fondamental. Aujourd'hui, l'utilisation de la
violence armée ne règle pas en profondeur et à long terme les
problèmes que nous évoquons ci-dessus. Seuls les moyens de lutte
pacifique, certes déterminée mais non-violente, peuvent aboutir à de
véritables changements menant à la démocratie, au respect des
droits de l'homme et au développement économique et social. Dans
un pays non démocratique, lorsqu'un groupe politique prend le
pouvoir par les armes, on constate qu'il s'y maintient de façon
violente et que la transition vers la démocratie s'avère extrêmement
lente voire inexistante. Malheureusement, certains prônent encore
une « culture de la violence ». Mais heureusement, les partisans
d'une « culture de paix » sont de plus en plus nombreux.
Il faut également
insister sur le fait que la problématique des armes légères ne
concerne pas uniquement les pays en développement. Dans les pays
industrialisés, y compris en Europe, on constate également une
augmentation de la violence armée.
Des armements
légers, dont des armes de guerre comme le FAL-FN ou la Kalashnikov,
sont régulièrement utilisés lors d'attaques de transporteurs
de fonds ou de prises d'otage. L'insécurité ne se réduit pas
aux pays en conflit.

Micro-désarmement
et transparence Lutter contre
la prolifération des armes légères exige d'agir sur l'offre et
la demande en armements, de se préoccuper des stocks d'armes
existants et des flux du commerce des armes, tant au niveau des
trafics illicites que de celui des ventes légales. Par ailleurs,
la problématique des armes légères doit à la fois être abordée
de manière spécifique en fonction des caractéristiques particulières
de ce type d'arme, mais aussi être incluse dans la question des
stocks et des ventes d'armes conventionnelles en général.
Concrètement,
quelles sont ces mesures ? Tout d'abord, au sein des pays victimes
de conflits armés, on constate la présence de stocks importants
d'armes légères. La priorité consiste à opérer un « micro-désarmement »,
dans le cadre d'accords de cessez-le-feu et d'opérations de maintien
de la paix, par la récolte et la destruction de ces armes afin
qu'elles ne soient pas « recyclées » par la suite dans d'autres
conflits. Ensuite, il s'agit de restreindre l'afflux d'armes
par des accords entre pays d'une région qui décident par exemple
un moratoire sur la production, l'importation et l'exportation
d'armes légères à l'instar de la récente proposition du Mali
aux pays de l'Afrique de l'Ouest. Des accords internationaux
pour mieux contrôler les trafics sont également utiles. Celui
que vient de décider l'Organisation des Etats américains en est
un exemple.
La transparence,
c'est-à-dire une meilleure connaissance de la réalité des transferts
d'armes, doit aussi être recherchée. Le contrôle des flux serait
facilité si un marquage universel des armes légères et des munitions était
réalisé, ainsi que la mise en place d'un système de banques de
données (mondiale ou régionales) permettant le « traçage » de
ces armements. Le registre des Nations unies sur les armes conventionnelles,
qui ne concerne actuellement que les armements lourds, devrait être étendu
aux armes légères. A défaut, des registres analogues pourraient être établis
régionalement.
Des mesures
spécifiques concernant les armes légères pourraient être prises.
Edward Laurance de l'Institut de Monterey pour les Etudes internationales
(MIIS, Etats-Unis) propose une « Convention pour la prévention
de l'usage indiscriminé et illégal d'armes légères », prévoyant
notamment des critères d'exportation, la collecte et la destruction
des surplus d'armements, et une coopération internationale en
matière de lutte contre les trafics.
Renforcer
le contrôle des exportations En ce qui
concerne l'offre, l'idéal à long terme serait d'aboutir à un
traité multilatéral dans le cadre des Nations unies sur le contrôle
et la limitation des exportations d'armes conventionnelles, y
compris les armes légères. En attendant, un « code de conduite » comme
le propose l'ancien président du Costa Rica, Oscar Arias, permettrait
de définir des critères stricts sur les transferts d'armes.
Les pays de
l'Union européenne exportent 30% de leur production d'armes vers
les pays en développement, ce qui représente 30 à 40% de leurs
achats totaux d'armement. Depuis que le 1er janvier 1993, les
frontières intérieures ont été supprimées entre les 15 pays de
l'Union européenne, il serait logique qu'il y ait une seule réglementation
en matière d'exportations d'armes. Malgré l'instauration progressive
d'une « politique étrangère et de sécurité commune » (PESC),
chacun des 15 Etats membres reste seul compétent dans ce domaine.
Il y a donc encore sur un territoire unique et commun 15 législations
et politiques différentes en matière d'exportations d'armes.
Cette situation anachronique accroît les risques de trafics et
de contournements des réglementations nationales. Il est donc
urgent de se diriger vers une réglementation et une politique
communes. En attendant, il serait utile d'adopter un « code de
conduite » définissant avec précision les huit critères d'exportation
qui avaient été définis en commun lors des Conseils européens
en 1991 et 1992.
Un pas dans
la bonne direction a été l'adoption en juin 1997 par les ministres
de l'Union européenne d'un « programme pour la prévention du
trafic illicite d'armes conventionnelles et la lutte contre ce
trafic » dont le but est de renforcer l'action conjointe des
Quinze. Au-delà de cette déclaration d'intention, ce programme
reste à mettre en oeuvre.
En l'absence
de réglementations multilatérales ou européennes, le commerce
des armes demeure une compétence nationale. Les législations
nationales doivent donc être modifiées afin de permettre un meilleur
contrôle. Ainsi, la législation belge et surtout son application
pourraient être améliorées. L'article 4 de la loi du 5 août 1991
sur les exportations belges définit relativement bien les critères
permettant d'autoriser ou de refuser une vente. Le seul problème
est son interprétation qui tempère parfois sa portée. De plus,
la définition du matériel militaire devrait inclure le matériel
utilisé par les forces de sécurité et de police. Par ailleurs,
le rôle du Parlement dans le contrôle devrait pouvoir être accru
(à l'instar de ce qui se fait aux Etats-Unis où le Congrès doit
donner une autorisation préalable pour les ventes atteignant
un certain montant). Le gouvernement devrait rendre public un
rapport annuel plus complet sur les ventes afin d'accroître la
transparence. Enfin, la lutte contre les trafics (ventes illégales,
transits interdits) et les fraudes (faux end-use) devrait être
intensifiée. Ces améliorations doivent bien entendu être réalisées
en coordination avec les autres pays de l'Union européenne.
Une évolution
inéluctable Lutter contre
la prolifération des armements exige une volonté politique. Celle-ci
se fonde néanmoins sur une évolution quasiment inéluctable vers
le désarmement et la démilitarisation. Surtout depuis que les
gouvernements occidentaux envoient des troupes de maintien de
la paix afin de se poser en médiateur entre groupes armés. En
effet, les soldats de la paix se retrouvent parfois face à des
armes qui proviennent de leur propre pays et qui ont été exportées
quelques années auparavant. Il est navrant de devoir se transformer
en pompier après avoir joué au pyromane.
Les freins à cette évolution
poussant à restreindre les exportations d'armes viennent essentiellement
des entreprises qui en produisent. Celles-ci se trouvent à la
fois face à un marché en surcapacité (il y a trop d'armes stockées
ou produites) et face à une réalité politique poussant à limiter
ce type d'exportations. Ceci entraîne une contraction des achats
et donc de la production d'armes, avec des conséquences difficiles
pour l'emploi. La seule manière de s'en sortir consiste à opérer
une reconversion ou une diversification vers d'autres productions
non militaires. Ces mutations devraient évidemment se réaliser
dès que possible, avant qu'il ne soit trop tard, afin d'éviter
des faillites et des pertes sèches d'emploi. Vouloir rester à tout
prix dans un secteur qui n'a plus d'avenir serait politiquement, économiquement
et socialement peu responsable. Il faut insister sur le caractère
inéluctable (et d'ailleurs souhaitable) de cette réduction des
exportations et donc de la production d'armement.
Les autorités
politiques sont responsables du bien commun. Pourtant, trop souvent
elles cèdent à la pression de certains industriels du secteur
de l'armement qui utilisent l'argument de l'emploi. Cette préoccupation
sociale, certes importante et légitime, ne peut pas justifier
l'indéfendable. Au moment où l'intérêt collectif (une meilleure
sécurité internationale, la prévention des conflits, la limitation
des exportations d'armes) exige de prendre des décisions concrètes
conformes à l'évolution en cours, il serait incompréhensible
que les décideurs politiques n'écoutent que les défenseurs d'intérêts
privés. Une arme n'est pas une marchandise comme une autre ;
elle doit être davantage contrôlée tant au niveau de la production
que des exportations.
Une campagne
internationale sur les armes légères se met en place et définit
ses objectifs. Après le succès de la campagne contre les mines
antipersonnel, un nombre croissant d'ONG et de responsables politiques
considèrent en effet que la prochaine étape doit viser ce type
d'armes en surnombre dans le monde. Comme pour les mines antipersonnel,
le rôle de l'opinion publique et des citoyens sera déterminant
dans cette nouvelle campagne. Celle-ci sera sans doute longue
et difficile, vu la complexité de la problématique des armes
légères et les intérêts économiques en jeu. Le GRIP a décidé d'y
consacrer une partie importante de sa capacité de recherche et
d'information, dans le cadre de son programme « prévention des
conflits et exportations d'armes », au sein duquel la problématique
des armes légères occupe une place essentielle.
Bernard
ADAM,
Directeur du GRIP.
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